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Mercredi 22 mai 2013 3 22 /05 /Mai /2013 05:45

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Les Philippines ont officiellement protesté contre une nouvelle intrusion armée de la Chine dans ses eaux, à proximité du banc d’Ayungin dans le groupe d’îles de Kalayaan au large de Palawan.
 
« Le 10 mai 2013, nous avons porté notre lettre de protestation à l’ambassade de Chine à Manille au sujet de la présence provocatrice et illégale de navires gouvernementaux chinois (deux patrouilleurs de surveillance maritime et un navire de guerre) à proximité du banc d’Ayungin », a expliqué le mardi 21 mai le Secrétaire d’Etat philippin aux Affaires Etrangères, Raul Hernandez.
 
Le banc d’Ayungin est situé à 106 milles marins de la côte de l’île philippine de Palawan et à plus de 200 milles de tout autre territoire national : il se trouve donc sans contestation à l’intérieur de la Zone Economique Exclusive des Philippines au regard de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer.
 
Les Philippines ont demandé à la Chine de respecter leur souveraineté maritime, que la Chine viole délibérément en plusieurs endroits, au mépris du droit international qu’elle entend subordonner à sa politique expansionniste.
 
Les bateaux de pêche chinois qu’escortaient les trois navires gouvernementaux ont commencé à mettre en place des poteaux métalliques, des chaînes et des cordages pour empêcher les pêcheurs philippins de se rendre sur la zone de pêche du banc d’Ayungin – exacte répétition de ce que les Chinois ont fait sur le banc de Scarborough il y a un an.
 
La présence d’un navire de guerre en dit long sur l’intention du gouvernement chinois de respecter les droits des Philippins.
 
Le Secrétaire d’Etat philippin – qui n’a guère le choix compte tenu du rapport de forces – a précisé que le gouvernement philippin entendait se limiter à une protestation par la voie diplomatique « pour ne pas faire de la provocation envers d’autres pays. »
 
Le commandant en chef de la Marine des Philippines, le vice-amiral Jose Luis Alano, confirme qu’ « il y a plusieurs (navires étrangers) dans le secteur. Nous essayons toujours de valider leur nombre et leur position exacte, mais il y a des navires de pêche parmi eux. Nous aussi, nous avons des bateaux de pêche dans les environs. »
 
Le fait  que, plus de dix jours après le début de l’intrusion chinoise, les Philippines soient toujours en train d’estimer le nombre et la position des intrus montre l’indigence des moyens dont disposent les Philippines : elles n’ont ni radar ni avion pour surveiller leur immense espace maritime et la Chine en profite pour les déposséder sans vergogne de cet espace. Et sans que cela soulève la moindre désapprobation de la part de nombreuses nations pourtant attachées au respect du droit international.
 
Le mercredi de la semaine dernière, le ferry municipal QUEEN SEAGULL de la municipalité de Kalayaan a été pris en chasse et harcelé alors qu’il transitait à proximité du banc d’Ayungin avec le maire et 147 civils à bord.
 
La chasse a duré une heure et n’a pris fin que lorsque le QUEEN SEAGULL s’est approché du banc de la Demi-Lune (Half Moon shoal, ainsi nommé à cause  de sa forme) où une frégate lance-missiles chinoise s’était piteusement échouée l’an dernier.
 
La Chine revendique unilatéralement la quasi-totalité de la Mer de Chine méridionale, au détriment de Taiwan, des Philippines, du Vietnam, de la Malaisie et de Brunei qui y ont tout ou partie de leur Zones Economiques Exclusives.
 
La Chine a rejeté l’arbitrage des Nations Unies pour régler le différend – qu’elle ne peut que perdre, compte tenu de l’inanité et de l’irrecevabilité de ses arguments – et continue à préparer la mise en exploitation à son profit des ressources halieutiques et surtout gazières et pétrolières de la région.
 
Mais les Philippines n’ont pas besoin de l’aval de la Chine pour dénoncer ses forfaits. Bientôt suivies par le Vietnam, elles ont déposé plainte près le Tribunal International sur le Droit de la Mer, bras juridique de la Convention de 1982 des Nations Unies sur le Droit de la Mer.
 
Le président de ce tribunal a nommé le mois dernier les trois derniers assesseurs qui vont arbitrer l’affaire, suite à la plainte de Manille envers Beijing.
 
Reste à savoir si le jugement de ce Tribunal International sur le Droit de la Mer sera suivi d’effet. En matière de politique internationale, la Chine nous a plus habitué à l’usage de la force et à la politique du fait accompli qu’au respect du droit. Au nom de la prétendue revanche que la Chine « doit » prendre sur l’histoire et dont le régime chinois se sert pour mobiliser la population derrière sa bannière.
  
Par Dom Bosco - Publié dans : Actualité - Communauté : l'actualité en général
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